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Dans l’Union européenne, seuls quelques nutriments ont le droit d’afficher qu’ils contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire : les vitamines A, B6, B12, C et D, les folates, le cuivre, le fer, le sélénium et le zinc. Aucun complément ne « booste » l’immunité, et une alimentation variée couvre les besoins de la plupart des adultes. Un complément peut toutefois aider à combler un apport insuffisant, par exemple en vitamine D pendant l’hiver ou en vitamine B12 dans une alimentation sans produits animaux.
Vous trouverez dans cet article la liste des nutriments concernés et leurs sources alimentaires, ce que disent les autorités françaises sur les compléments, les plantes à utiliser avec prudence et la manière de lire une étiquette sans se laisser impressionner par les promesses.
En bref
- Le règlement (UE) n° 432/2012 autorise l’allégation « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire » pour dix nutriments seulement.
- Un complément ne peut afficher cette allégation que s’il apporte au moins 15 % de la valeur nutritionnelle de référence du nutriment par dose journalière.
- Selon l’ANSES, une alimentation variée et équilibrée couvre les besoins nutritionnels, sauf dans certains cas particuliers.
- L’ANSES a mis en garde en 2020 contre certaines plantes, comme l’échinacée, le curcuma ou le saule, qui pourraient perturber les défenses naturelles de l’organisme.
- Aucune allégation de santé n’est autorisée pour les plantes, l’aloe vera ou le colostrum en matière d’immunité.
Quels nutriments contribuent au fonctionnement du système immunitaire ?
Le règlement (UE) n° 432/2012 dresse la liste des allégations de santé autorisées sur les aliments et les compléments. Pour l’immunité, il retient la formulation suivante, déclinée nutriment par nutriment : « contribue au fonctionnement normal du système immunitaire ». Toute formulation plus forte, comme « renforce », « stimule » ou « protège des infections », n’est pas autorisée.
| Nutriment | Principales sources alimentaires | Point d’attention |
|---|---|---|
| Vitamine C | Poivron, kiwi, agrumes, chou, persil | Sensible à la chaleur : privilégiez une partie des fruits et légumes crus |
| Vitamine D | Poissons gras, jaune d’œuf, produits enrichis | Produite surtout par la peau au soleil, souvent faible en hiver |
| Vitamine A | Foie, jaune d’œuf, carottes et patates douces (sous forme de bêta-carotène) | Un excès est possible avec les compléments, surtout pendant la grossesse |
| Vitamine B6 | Volaille, poisson, pommes de terre, bananes | Rarement manquante dans une alimentation variée |
| Vitamine B12 | Viande, poisson, œufs, produits laitiers | Indispensable à surveiller dans une alimentation végétalienne |
| Folates | Légumes à feuilles vertes, légumineuses | Besoin accru avant et pendant la grossesse |
| Zinc | Fruits de mer, viande, légumineuses, céréales complètes | Moins bien absorbé à partir des végétaux |
| Sélénium | Poissons, œufs, abats, noix du Brésil | Un excès est possible, ne cumulez pas les compléments |
| Fer | Viande rouge, boudin, légumineuses | Ne se supplémente qu’après un avis médical |
| Cuivre | Fruits de mer, noix, cacao | Rarement manquant |
Pour une présentation détaillée de chaque vitamine, consultez notre article vitamines et système immunitaire : lesquelles comptent.
Faut-il prendre des compléments alimentaires pour l’immunité ?
Pour la plupart des adultes en bonne santé, la réponse est non, à condition de manger de façon variée. L’ANSES rappelle qu’une alimentation variée et équilibrée permet de couvrir les besoins nutritionnels, sauf dans des cas particuliers. Les recommandations de Santé publique France vont dans le même sens : plus de fruits, de légumes, de légumineuses et de fruits à coque non salés, du poisson gras et maigre en alternance, des céréales complètes, moins d’alcool et de produits ultra-transformés.
Il existe toutefois des situations où un apport complémentaire peut se discuter avec un professionnel de santé. C’est le cas d’une alimentation végétalienne, qui ne fournit pas de vitamine B12, d’une exposition au soleil très faible en hiver, d’un appétit réduit chez une personne âgée, ou d’une alimentation très déséquilibrée sur une longue période. Dans ces cas, le médecin peut aussi proposer un dosage sanguin avant de conseiller un complément.
Que penser des plantes « pour l’immunité » ?
De nombreux compléments vendus pour l’hiver contiennent des plantes : échinacée, curcuma, sureau, ciste, champignons. Aucune de ces plantes ne dispose d’une allégation de santé autorisée dans l’Union européenne. Les mentions que l’on lit parfois sur les emballages renvoient soit aux vitamines et minéraux ajoutés, soit à des allégations encore en attente d’évaluation.
L’ANSES a par ailleurs publié en avril 2020 une mise en garde sur certaines plantes, dont le saule, la reine-des-prés, le bouleau, le peuplier, l’harpagophytum, l’échinacée et le curcuma. Selon l’agence, ces plantes pourraient perturber la réponse inflammatoire utile au début d’une infection. Elle conseillait d’arrêter ces compléments dès l’apparition de symptômes infectieux et, pour les personnes qui les prennent dans le cadre d’une maladie inflammatoire chronique, d’en parler à leur médecin. Pour le ciste, notre article ce que l’on sait vraiment du Cistus incanus fait le point sur les données disponibles.
Comment lire l’étiquette d’un complément pour l’immunité ?
Regardez d’abord le tableau nutritionnel. Il indique la quantité de chaque vitamine et minéral par dose journalière et le pourcentage de la valeur nutritionnelle de référence, abrégée VNR. Une allégation sur l’immunité n’est valable que si ce pourcentage atteint au moins 15 % pour le nutriment concerné. Vérifiez ensuite que la formulation correspond bien à celle du règlement, sans mots plus forts.
Méfiez-vous des promesses vagues comme « défenses renforcées » ou « bouclier anti-virus », et des mentions qui citent une maladie, car elles sont interdites pour un complément alimentaire. Enfin, additionnez les apports si vous prenez plusieurs produits, car les vitamines A et D, le zinc et le sélénium peuvent devenir excessifs en cas de cumul. Notre article sur la lecture des allégations santé sur l’étiquette donne d’autres exemples.
Quels produits LR apportent ces nutriments ?
Si vous souhaitez compléter votre alimentation, trois produits de notre catalogue apportent des nutriments concernés par l’allégation sur l’immunité, en quantités suffisantes pour l’utiliser.
Le gel d’aloe vera à boire Immune Plus apporte, pour 90 ml par jour, 80 mg de vitamine C (100 % de la VNR), 10 mg de zinc (100 %) et 45 µg de sélénium (82 %). La vitamine C, le zinc et le sélénium contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire. L’aloe vera, le gingembre et le miel qu’il contient n’ont pas d’allégation de santé.
Le Vita Active aux fruits rouges apporte, pour 5 ml par jour, 10 µg de vitamine D (200 % de la VNR), ainsi que de la vitamine B6, de la vitamine B12 et des folates à 100 % de la VNR. La vitamine D, la vitamine B6, la vitamine B12 et les folates contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire.
Les gélules Cistus Incanus apportent, pour deux gélules par jour, 80 mg de vitamine C (100 % de la VNR) et 2 mg de zinc (20 %). La vitamine C et le zinc contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire. L’extrait de ciste n’a pas d’allégation de santé. D’autres produits sont présentés dans notre rubrique compléments alimentaires.
Les trois produits cités :
Quand faut-il consulter un médecin ?
Un complément ne doit pas retarder une consultation. Voyez votre médecin si vous avez des infections à répétition, une fièvre qui dure plus de trois jours, une fatigue intense et prolongée, une perte de poids inexpliquée ou une toux qui persiste plus de trois semaines. Demandez aussi un avis avant de prendre un complément si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, si vous suivez un traitement au long cours, ou si vous souhaitez en donner un à un enfant. Pour les personnes à risque, la vaccination recommandée reste un moyen de protection reconnu, contrairement aux compléments.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur complément alimentaire pour l’immunité ?
Il n’existe pas de meilleur complément pour tout le monde. Le choix dépend de ce qui manque dans votre alimentation et de votre situation. Un complément contenant des nutriments listés dans le règlement européen, dosés à au moins 15 % de la VNR, peut compléter une alimentation insuffisante.
La vitamine C empêche-t-elle d’attraper un rhume ?
Non. La vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, mais aucune allégation autorisée ne dit qu’elle empêche une infection. Les fruits et légumes frais en apportent facilement assez chaque jour.
Quand commencer un complément pour l’hiver ?
Si un complément vous semble utile, par exemple pour la vitamine D, l’automne est le moment où l’ensoleillement diminue. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien pour choisir la dose adaptée.
Peut-on cumuler plusieurs compléments pour l’immunité ?
C’est déconseillé sans avis professionnel. Plusieurs produits peuvent contenir les mêmes nutriments, et les apports en vitamines A et D, en zinc ou en sélénium peuvent alors dépasser les limites de sécurité.
Les enfants ont-ils besoin de compléments pour l’immunité ?
Un enfant qui mange de façon variée n’a en général pas besoin de complément, à part la vitamine D que le pédiatre prescrit souvent selon l’âge. Ne donnez pas de complément pour adultes à un enfant sans avis médical.
Sources
- EUR-Lex : règlement (UE) n° 432/2012, liste des allégations de santé autorisées (version consolidée)
- ANSES : mise en garde sur les compléments alimentaires pouvant perturber les défenses de l’organisme (2020)
- Santé.fr : Les recommandations sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité
- Allodocteurs : compléments alimentaires et immunité, le vrai du faux
Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne remplacent pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain. Cet article donne une information générale et ne constitue pas un avis médical.
